La Gomera : histoire et économie |
Les
Guanches arrivèrent
sur l 'île, ainsi que dans le reste de l' archipel canarien,
depuis le nord-ouest de l'Afrique. D' après les ossements retrouvés,
ils étaient de race cromanoïde, petits, de teint foncé, avec
une boîte crânienne très développée.
Essentiellement pasteurs (chèvres et brebis) et cueilleurs (végétaux
et coquillages), ils pratiquaient également une forme rudimentaire d'agriculture.
Au moment de la Conquête, l 'île se divisait en 4 cantons,
correspondant aux 4 grandes vallées : Mulagua (Hermigua), Hipalan
(San Sebastián), Orone (Valle Gran Rey) et Agana (Vallehermoso).
La conquête de La Gomera commença au début du XVème avec Jean de Béthencourt, et se fit pratiquement sans lutte, car la population aborigène conserva pendant longtemps ses particularismes. En 1494, l' île fut incorporée à la couronne de Castille sous la domination des Peraza. Ceux-ci instaurèrent un système autoritaire qui perdura jusqu'au premier tiers du XIXème siècle.
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L' île eut une certaine importance dans la geste colombine, car c'est la dernière terre connue où s'arrêta Christophe Colomb, et où il s' approvionna en eau et en vivres, avant de partir à la découverte de l'Amérique le 6 Septembre 1492, depuis la baie de San Sebastian de La Gomera. |
Dans les années 1940, au plus fort de son développement démographique, on dénombrait 29.000 habitants. Mais depuis cette date, avec la limitation puis le déclin des ressources agricoles, ainsi que l' attrait exercé par une vie plus facile, commença une intense émigration vers l' Amérique latine (Cuba et Vénézuela), et surtout vers Ténérife, où vivent aujourd'hui plus de gomeros que sur l' île elle-même..
Quelques personnages célèbres à La Gomera
Antoño Jose RUIZ DE PADRON (1757 - 1823) : Député progressiste qui lutta pour l'abolition de l'Inquisition. Ami des Nord-Américains Washington et Franklin. Franciscain, obtint du pape la sécularisation en 1808. Député des îles de La Gomera, El Hierro, Fuerteventura et Lanzarote. Le 28/01/1813, il prononça un discours resté fameux, qui conduisit à la suppression de l'Inquisition.
Jean de BETHENCOURT : conquérant et premier "Roi des Canaries". De nombreux Béthencourt à La Gomera témoignent de la fécondité de l'ancêtre normand.
Cristobal COLÓN : Navigateur gênois, connu en France sous le nom de Christophe Colomb. Tout a été dit sur lui.
Beatriz de Bobadilla : Célèbre beauté espagnole, exilée à La Gomera, qui ne manqua pas de séduire le Colón ci-dessus.
Hernan PERAZA, le mari.
Pedro GARCIA Cabrera : poète éminent, natif de Vallehermoso.
Jose AGUIAR de Agulo : peintre. Luis ALBERTO, Jaime VERA, peintres.
La vie sur l'île tout au long des âges
Les Guanches pratiquaient la culture et l'élevage, mais ils ne connaissaient pas la charrue. Ils cultivaient l'orge, le froment, puis certains légumes secs. Ils élevaient des chèvres, des moutons et des porcs, et avaient domestiqué le chien. De tous temps, La Gomera a été auto-suffisante pour les cultures vivrières.
C'est au 16ème siècle que l'on voit apparaître des cultures spécialisées, comme celle de la canne à sucre qui fut remplacée peu à peu par la vigne.
Au 18ème siècle, le comte de La Gomera possédait un millier d'esclaves noirs pour planter la canne et fabriquer le sucre. La Gomera exportait aussi vers Tenerife beaucoup de soie, la plus grande partie grège et une petite quantité filée, ainsi que de l'aguardiente, du bétail, notamment des chèvres, en échange de quoi La Gomera recevait des produits d'Europe et des Indes occidentales.
Au 19ème siècle, apparaît une nouvelle activité, celle de l'élevage des larves de cochenille (parasite des cactées dont on tire un colorant rouge), originaire du Mexique. Ce parasite prospéra sur les plantations de figuiers de Barbarie. La découverte de colorants chimiques, dérivés de l'aniline, fit pratiquement disparaître cette activité.
Au début du 20ème siècle, d'autres cultures importantes apparaissent, comme la tomate et la banane (les premières plantations de bananes datent de 1903 à Agulo et Hermigua). La petite banane produite à La Gomera est savoureuse, mais elle parait chétive et sa conservation n'est pas excellente, comparée à celles d'Amérique du Sud et d'Afrique. Cette production est en crise depuis de nombreuses années. L'agriculture ne représente plus aujourd'hui que 10% de l'activité et ne couvre que 25% des besoins locaux. Il y a aujourd'hui une volonté d'exploiter plus la pêche et l'agriculture, mais sans grande orientation spécifique.
Le tourisme connaît un essor important depuis quelques années et c'est en 1986 que s'est créé à La Gomera un office du tourisme, qui a longuement tardé à définir une politique cohérente, alors que la spéculation allait bon train. Ce sont essentiellement les sites de Valle Gran Rey et de Playa Santiago qui se sont développés d'un point de vue touristique. D'autres développements sont prévus à Playa Santiago comme des terrains de golf. Ces développements sont cependant d'une ampleur limitée par la morphologie de l'île. Le tourisme à La Gomera est pour une moitié, environ, d'origine allemande, pour 30 % espagnole, et les 20 % restants se partagent entre les autres origines européennes. Il y a une volonté de moderniser les infrastructures (le port, la marina, le Club Naútico, la plage de La Cueva) et d'encourager le tourisme vert ou rural : un tourisme durable qui permette à La Gomera de subvenir à ses besoins, tout en préservant son environnement naturel.
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