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La Gomera : Arts et coutumes

 

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Guide des Randonnées

LA GOMERA : 

La poésie, la musique et la danse

La poésie populaire, souvent reprise en chanson, est riche et variée. Elle traite fréquemment des époques pré-colombiennes et de la conquête espagnole.

  • Les Romances ou Coplas, et les Decimas ou Puntos Cubanos : Les romances ou les Coplas sont des poèmes parfois improvisés sur les thèmes de l'île. Elles sont récitées ou chantées au rythme des Tajarastes. Les Decimas sont accompagnées de choeurs ou de guitares. Elles racontent des légendes ou des événements historiques. A La Gomera, une des romances les plus connues est "la historia del Conde" (l'histoire du comte). Certaines sont plus festives, d'autres encore racontent les époques de pénurie, les conquêtes, les succès historiques ...
  • Les Malagueñas Ce sont des chansons et des danses accompagnées d'instruments à cordes : timple (minuscule guitare), guitare, mandoline, luth, bandurria (sorte de mandoline).
  • La Tajaraste C'est la plus antique et la plus caractéristique musique de La Gomera. C'est une danse qui peut durer des heures, et qui rappelle la transe des danses primitives. Elle est rythmée par des tambours et des Chácaras (instruments de percussion faits en bois de mûrier qui se tiennent dans chaque main et produisent un son très particulier), avec un soliste et un choeur qui répète, comme dans toutes les coplas, les premiers vers ou "pie de romance" de chaque strophe. On trouve des groupes folkloriques dans tous les villages et des musiciens parmi toute la population. Pour avoir une juste idée du goût des Gomeros pour la musique, il faut savoir qu'il y a à San Sebastian seulement (7000 habitants) : deux groupes folkloriques avec orchestres et choeurs, une harmonie municipale, un orchestre juvénile, un orchestre philharmonique, un orchestre de chambre de très bon niveau, un quatuor de flûtes, une chorale et deux orchestres de danse ! !

L'artisanat

Fabrication du miel de palme

  • La céramique : Localisée à El Cercado, près de Chipude, le plus haut village de l'île, elle utilise des fours à bois (comme les anciens fours de boulanger) pour la cuisson. Les techniques employées, très anciennes, sont celles du colombin, et le secret du mélange des terres et des sables pour obtenir une boue plastique est jalousement gardé. Il y a peu de temps encore, les potiers allaient de village en village pour vendre ou troquer leurs productions contre des provisions.
  • Tissages : Utilisés comme couvertures, fabriqués sur des métiers primitifs, certains se composent de morceaux de tissus roulés pris dans une trame, et les autres sont faits de laines de brebis filées au rouet. Ces couvertures sont incroyablement chaudes.
  • Vannerie : La vannerie est surtout un travail d'hommes. Elle est faite à base d'osier, de chaume, de rotin, ou de feuilles de palmiers. Elle est utilisée pour tous les usages courants.
  • Travail du bois :En plus de la fabrication traditionnelle et familiale de meubles et de charrues, qui ne se pratique plus guère, le bois continue d'être utilisé pour faire des chácaras, des moules à fromage, des mortiers pour le Mojo (pâte à base de piments plus ou moins forts) etc ...
  • Travail du Cuir : On utilise les peaux de chèvres pour faire des outres (la zurona) dans lesquelles on pétrit le gofio (farine d'orge, de maïs ou de blé, torréfiée). Elles servent également à la fabrication des peaux des tambours traditionnels.
  • Fabrication de nattes : Ce sont des sortes de tapis fabriqués avec des feuilles de palmiers qui étaient utilisés jadis pour recouvrir les sols de terre battue des maisons.
  • Fabrication de la Ristra : Avec la partie des feuilles de bananiers qui fait le lien avec le tronc, on fait une sorte de rafia qui sert à fabriquer des figurines de sorcières, des garnitures de bouteilles, des petits paniers etc ...
  • Miel de palme :C'est un sirop qui s'obtient à partir de la sève de palmier. Le palmier est l'arbre chéri de La Gomera, pouvant atteindre jusqu'à 20 m de haut et 1 m de diamètre. On en compte 106 643 dans l'île (au dernier recensement ) ! Le miel de palme est surtout fabriqué dans le canton de Vallehermoso (celui du village de Tazo est particulièrement réputé). On coupe les feuilles centrales de la tête du palmier et on creuse une cavité dans la partie supérieure du tronc, jusqu'à ce que l'on atteigne une surface totalement blanche et sirupeuse appelée le tosa. Chaque soir il faut répéter l'opération de curage afin de recueillir le guarapo (la sève) par un conduit partant du tronc, sous lequel se trouve un récipient qui peut amasser jusqu'à 10 litres de sève pendant la nuit. Le matin, avant le lever du soleil, on récolte ce guarapo. On peut le boire tel quel, ou le transformer en miel de palme en le faisant bouillir pendant des heures jusqu'à l'obtention d'un liquide épais, noir, de saveur agréable et sucré (la technique est la même que celle du sirop d'érable au Canada). Pour faire un litre de miel de palme, il faut environ 5 litres de guarapo. C'est pendant l'été que se font les meilleures récoltes, car la sève contient alors plus de glucose. Cette ponction de sève ne peut se répéter qu'une saison tous les cinq ans sur un même arbre, le temps pour lui de reprendre ses forces. Vous pouvez savoir combien de fois un arbre a subi ce traitement de "guaraperia" : il suffit de compter les incisions circulaires sur son tronc. Quant aux plaques de fer blanc qui entourent les troncs, elles sont là pour éviter que les rats ne montent aux palmiers et ne mangent le coeur ou les dattes. Comparé au miel d'abeilles, le miel de palme est moins calorique, moins riche en vitamines C et en hydrates de carbone, mais il contient beaucoup plus de minéraux et d'oligoéléments. Le miel de palme, mélangé à de la parra ou aguardiente (eau de vie) constitue le Gomerón, boisson tonique, digestive et reconstituante. Proportions au goût de chacun !
  

Les coutumes

 

  •  
                Le silbo :C'est une langue sifflée, 
                avec ses propres phonèmes. Ce moyen de communication a précédé 
                de longtemps le téléphone à La Gomera ! C'est 
                une des trois seules langues sifflées au monde, avec celle 
                des habitants d'une petite vallée mexicaine et celle pratiquée 
                dans la région de Cappadoce en Turquie. Protégée 
                par l'UNESCO, comme patrimoine de l'humanité, le silbo est 
                enseigné, et, même s'il se perd dans l'établissement 
                de conversations longues, ne vous étonnez pas d'entendre les 
                Gomeros s'interpeller, se saluer en sifflant. Il existe une cassette 
                de silbo que vous trouverez à l'office du tourisme de San Sebastian. 
                
  • La lutte canarienne : Nus-pieds, les adversaires sont penchés face à face, la main droite de l'un, la gauche de l'autre, agrippent la jambe roulée du short de forte toile qu'ils portent. Le jeu consiste à faire tomber l'adversaire sur le sable de l'arène ronde où se pratique le combat. L'effort est intense, rapide, les musculatures et l'agilité impressionnantes. Chaque muscle est mis à contribution dans cette lutte d'hommes , mais aussi de chevaliers : la plus grande courtoisie règne avant, pendant et surtout après les combats. Elle ressemble beaucoup à la lutte gréco-romaine.